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J’ai interpellé la ministre de la Mer et de la Pêche sur la répartition des quotas
Le 9 décembre 2025, j’ai interpellé la ministre de la Mer et de la Pêche sur la répartition des quotas de pêche.
Le 9 décembre 2025, j’ai interpellé la ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche en amont des négociations européennes relatives à la répartition des quotas de pêche entre les Etats membres.
Je lui ai rappelé que, pour nos pêcheurs, la répartition des droits de pêche conditionne directement la possibilité d’exercer leur métier, de se rémunérer et d’employer des salariés. Elle constitue le socle même de la viabilité économique de leur activité. La préservation des stocks halieutiques et leur répartition équitable sont donc essentielles pour garantir à la fois la pérennité de la filière, la biodiversité marine et, à long terme, notre souveraineté alimentaire.
Le Conseil international pour l’exploration de la mer alerte depuis plusieurs années sur la dégradation massive des ressources halieutiques, en particulier du stock de maquereaux. Ces alertes répétées ont été ignorées par les États pendant plus de 10 ans, conduisant à des quotas excédant largement les recommandations scientifiques. Ces choix ont favorisé des pratiques prédatrices qui épuisent la ressource et compromettent durablement sa viabilité. Cette année, à l’issue des négociations européennes, le Conseil a acté une réduction de 70 % du quota de maquereaux, applicable à titre provisoire pour les six premiers mois de 2026, sans visibilité ni garantie pour la suite de l’année.
Dans ce contexte, les volumes alloués à la France devront faire l’objet d’une répartition juste et équilibrée. Il est impératif que la baisse des quotas ne pèse pas sur la pêche artisanale, qui n’est en rien responsable de la dégradation des stocks.
J’ai donc alerté la ministre sur le fait qu’une poignée de navires, majoritairement sous capitaux néerlandais, capte aujourd’hui plus de la moitié du quota national de maquereau, au détriment de l’ensemble des pêcheurs français, qu’ils soient ligneurs ou chalutiers. Cette pêcherie exploite les quotas français sans contribution à l’économie nationale, les débarquements ayant majoritairement lieu aux Pays-Bas.
Je lui ai rappelé que cette situation est rendue possible par une répartition opaque des quotas et par un système de gouvernance devenu obsolète, qui ne prend en compte ni le renouvellement des générations, ni l’efficacité économique, ni des innovations pourtant accessibles — telles que l’élargissement des maillages — que pourrait porter le contrat stratégique de filière.
J’ai donc interrogé la Ministre sur les points suivants :
- Entendez-vous revoir la répartition des volumes alloués afin de limiter la concentration sur certains navires et de réallouer une part significative des quotas au bénéfice de la flottille côtière et artisanale française ?
- Est-il juste et équitable de faire supporter à la majorité des pêcheurs les conséquences d’une gestion défaillante qui compromet l’avenir d’une pêche durable et socialement responsable ?
- À plus long terme, vous engagez-vous à appliquer pleinement l’article 17 de la Politique commune de la pêche, en conditionnant l’attribution des quotas à des critères sociaux et environnementaux, afin de soutenir les pêcheurs qui mettent en œuvre les meilleures pratiques, débarquent en France et contribuent réellement à l’emploi et à la vitalité des territoires ?
Retrouvez ma question à la Ministre en vidéo : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/deputes/PA841419
Le 20 janvier 2026, avec mon collègue Stéphane Buchou, nous rencontrerons Madame la Ministre afin de lui présenter les recommandations issues de notre rapport parlementaire sur la gouvernance de la pêche française.